Patrick Schurig 6b7c159f91 docs: quatrième mode d'érosion, et la troisième nature d'heure murale
QUATRIÈME MODE D'ÉROSION — l'inverse du troisième. La règle immortelle survit
parce que sa garde la protège ; celle-ci meurt parce que le CHEMIN qui y menait
s'est raréfié, et c'est un CORRECTIF qui l'a raréfié.

Le taux constant (LM-1013-b-v) a été décidé le 2026-09-01 avec son chiffrage.
Puis sessionWh a été alimenté depuis le compteur de charge et `unmeasurable` est
passé de « la V2C, tous les jours » à trois cas matériels rares. La décision n'a
jamais été écrite, et plus personne ne passait devant pour s'en apercevoir.

Ce qui rend la classe traître : le correctif est un PROGRÈS. On ne se méfie pas
de ce qui améliore les choses. Réduire un régime dégradé à ses cas irréductibles
est exactement ce qu'il faut faire — et c'est ce qui a fait disparaître la
décision de la vue. Parade : quand un lot RÉDUIT la fréquence d'un chemin, lister
ce qui vivait dessus et n'a pas été fait. Une décision non écrite ne se périme pas
au rythme de sa pertinence mais au rythme de sa VISIBILITÉ, et les deux viennent
de se découpler.

UN CHIFFRE FAUX DANS UNE SPEC finit par servir de prémisse. Variante numérique du
raisonnement faux sous une conclusion juste — et elle se transmet plus facilement,
parce qu'un chiffre se cite et se recopie sans ses conditions. Le ×2,5 aurait
voyagé avec « 4 kWh » et sans « fenêtre de 2,5 h ». Règle : un chiffre porte les
conditions qui le produisent, ou il se refait avant d'être écrit ; et quand il
change, la spec garde les deux valeurs et la raison de l'écart.

« LENT PAR CONSTRUCTION » ET « FIGÉ » ONT LA MÊME FORME. Règle d'investigation,
pas un fait sur selfConsumptionRate — lui va bien : sur un cycle de surplus
complet il a parcouru 53,4 → 98,4 en 54 valeurs distinctes. La leçon n'est PAS
« observer plus longtemps » : ça aurait marché ici et ça échoue sur une grandeur
à cadence horaire. Le discriminant est la NATURE de la grandeur — instantanée,
cumulée sur une période, événementielle — et elle se lit dans le contrat, pas dans
le signal. Sans cette phrase, toute observation est trop courte ou trop longue
sans qu'on puisse le savoir.

TROISIÈME NATURE D'HEURE MURALE : la période de REPORTING. GetEnergyRatios dérive
ses Δ depuis minuit local. Elle suit l'installation, ce qui est le bon
comportement — mais elle repose sur la même prémisse non vérifiée que l'échéance
client : que le fuseau de la box SOIT celui de l'installation. Sur .75, le bilan
journalier de l'app se remet à zéro à 01:00 heure française, et rien ne le dit.

Ce que la troisième ajoute : la prémisse « la box est bien réglée » ne porte pas
seulement une saisie, elle porte des GRANDEURS PUBLIÉES. Une échéance mal
fuseau-horée se corrige d'un réglage ; un bilan journalier découpé au mauvais
endroit a déjà été lu, affiché, et peut-être facturé. La colonne « qui le
vérifie » de DESIGN_FUSEAU.md répond « personne » pour celle-là.
2026-09-05 07:39:15 +02:00

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# Fuseau horaire — le silence d'une heure
> Ouvert le 2026-09-04, après qu'une obligation éco déclarée à `"12:00"` se soit résolue
> à 13:00 sur l'horloge de l'atelier. Le moteur avait raison ; c'est la question qui
> n'avait jamais été posée.
## 1. Le constat
`.75` tourne en `Europe/London`. Une obligation `dailyDeadline: "12:00"` s'y résout donc à
12:00 heure de Londres, soit **13:00 en France**. Rien, nulle part, ne le dit.
L'écart est d'une heure et ressemble trait pour trait à un défaut d'heure d'été dans la
résolution d'échéance — j'ai failli l'imputer au moteur avant de lire l'horloge de la box.
C'est le premier coût du silence : il déplace le soupçon.
Le second coût est celui qui compte. Chez un client français, une box mal fuseau-horée décale
**toutes** ses fenêtres temporelles. Une obligation « avant 7 h » se déclenche à 8 h. Et
quand les heures creuses, Tempo et le marché de gros arriveront, elles se décaleront aussi —
sauf que là, personne ne le verra avant de compter sa facture.
## 2. Fait établi — il n'y a qu'UN fuseau, et il vient du système
Vérifié, pas supposé :
- `EnergyArbitrator::update()` prend `QDateTime::currentDateTime()`
(`energyplugin/etm/energyarbitrator.cpp:329`), donc le fuseau du PROCESSUS `nymead`.
- `resolveDeadline()` construit l'échéance avec `now.timeZone()`
(`energyplugin/etm/types/ecotarget.cpp`). Elle n'introduit aucun fuseau à elle : elle
hérite.
- nymea n'a pas de fuseau propre. `System.GetTime` renvoie `QTimeZone::systemTimeZoneId()`
(`libnymea-core/jsonrpc/systemhandler.cpp`), et `System.SetTimeZone` écrit le fuseau
**système** via le `SystemController` de la plateforme. `Configuration.SetTimeZone` est
déprécié au profit du premier.
**Conséquence : la box et le moteur ne peuvent pas diverger entre eux.** Il n'existe pas de
réglage nymea qui dirait autre chose que `timedatectl`. C'était la première question — elle
est fermée, et dans le sens rassurant.
## 3. Fait mesuré — un processus vivant SUIT le changement
Mesuré le 2026-09-04 dans le conteneur `build-cross-arm64`, avec un programme Qt6 qui lit
`QTimeZone::systemTimeZoneId()` et `QDateTime::currentDateTime()` en boucle pendant qu'on
bascule `/etc/localtime` sous lui :
```
systemTimeZoneId=Europe/London currentDateTime=06:48:50 BST zone(now)=Europe/London
--- /etc/localtime bascule vers Europe/Paris ---
systemTimeZoneId=Europe/Paris currentDateTime=07:48:53 CEST zone(now)=Europe/Paris
```
**Changer le fuseau ne demande donc PAS de redémarrer `nymead`.** Ce n'est pas une évidence :
la mise en cache du fuseau par processus est un comportement classique de la libc, et si Qt
l'avait fait, une correction de fuseau serait restée sans effet jusqu'au prochain
redéploiement — une correction qui ne corrige rien étant pire que pas de correction.
Corollaire à ne pas perdre : une échéance en cours de résolution peut donc **changer d'heure
sous le moteur**, sans redémarrage et sans notification. Cf. §6, étape 3.
## 4. La vraie divergence n'est pas là où on la cherchait
Box et moteur s'accordent par construction. Ce qui peut diverger, c'est :
**(a) L'installation et le client.** `dailyDeadline` est une chaîne `"HH:mm"` **sans fuseau**.
Le client saisit « 7:00 » dans l'app, sur un téléphone qui est dans SON fuseau, en pensant
7:00 chez lui. Le moteur la lit dans le fuseau de la box. Si les deux diffèrent, l'écart est
silencieux **des deux côtés** — l'app affiche ce qu'elle a saisi, le moteur exécute autre
chose, et les deux ont raison dans leur référentiel.
Un fuseau implicite est une absence qui signifie « le défaut s'applique ». C'est exactement
ce qu'on s'interdit ailleurs (`measurement.source`, `rankOrigin`, `progress.regime`).
**(b) L'installation et le CALENDRIER RÉGLEMENTÉ.** Et c'est le point neuf.
## 5. La distinction qui décide : deux natures d'heure murale
Elles ne prennent pas leur fuseau au même endroit, et les confondre est le piège.
| | nature | fuseau qui fait foi | qui le vérifie |
|---|---|---|---|
| `dailyDeadline`, « avant 7 h » | **habitude du client** | celui de l'installation | l'app, à la saisie |
| heures creuses, Tempo, EPEX | **calendrier réglementé** | celui où le tarif est DÉFINI | `LM-1005-b`, au lot tarifaire |
| taux journaliers (« minuit local ») | **période de reporting** | celui de l'installation | **personne** |
La troisième s'est trouvée en cherchant autre chose : `GetEnergyRatios` dérive ses Δ **depuis
minuit local** (`docs/INTERFACE_energyratios.md` §2). Elle suit l'installation, ce qui est le bon
comportement — mais elle repose sur la même prémisse non vérifiée que la première : que le fuseau
de la box SOIT celui de l'installation. Sur `.75`, le bilan journalier de l'app se remet à zéro à
01:00 heure française, et rien nulle part ne le dit.
**Ce que la troisième nature ajoute au raisonnement** : elle montre que la prémisse « la box est
bien réglée » ne porte pas seulement une saisie, elle porte des **grandeurs publiées**. Une
échéance mal fuseau-horée se corrige d'un réglage ; un bilan journalier découpé au mauvais
endroit a déjà été lu, affiché, et peut-être facturé.
Une plage d'heures creuses française est définie en `Europe/Paris` par le fournisseur, pas
« à l'heure locale de la box ». Une box française mal réglée ne décale pas seulement
l'affichage : elle **achète au mauvais moment**, et le tarif, lui, ne s'est pas décalé.
Aujourd'hui les deux natures prendraient silencieusement le fuseau de la box. Pour la
première c'est correct **si** la box est bien réglée ; pour la seconde c'est faux dès qu'elle
ne l'est pas. Une grandeur réglementée ne doit donc pas hériter du fuseau système : elle doit
porter le sien.
Le marché de gros amont travaille en instants ABSOLUS (les tests construisent leurs
horodatages via `EnergyTestBase::utcDateTime`), donc il est déjà à l'abri. **Le risque naît le
jour où l'on écrira une plage tarifaire en heures murales — et pas un jour avant.**
> **La règle opposable ne vit donc PAS ici.** Elle est écrite là où le risque naît :
> `specs/spec_loadmodel.md`, **LM-1005-b**, en précondition de livraison du lot tarifaire —
> au même titre que le délestage était précondition du §10. Une distinction rangée dans le
> document qui l'a découverte est une note ; rangée dans le lot qu'elle contraint, c'est une
> condition d'entrée. Ce document n'en garde que l'établissement des faits.
## 6. La décision : ni imposer, ni refuser — DÉCLARER
**Ne pas imposer.** Le moteur ne connaît pas le fuseau « vrai » de l'installation ; il ne
connaît que celui de la box. Le forcer à `Europe/Paris` serait poser une affirmation qu'on ne
sait pas vérifier, et serait faux par construction pour toute box vendue hors de France.
**Ne pas refuser de fonctionner.** Un HEMS qui s'arrête parce qu'un téléphone est en
itinérance laisse un chauffe-eau sans pilotage et une protection de disjoncteur sans arbitre.
**Les couches L0 à L4 ne doivent dépendre d'aucun fuseau** : elles raisonnent en durées, pas
en heures murales. Le refus est disproportionné, et il déplacerait un problème d'affichage
vers la sécurité.
**Déclarer**, donc — la seule réponse conforme à la doctrine maison : *publier le régime, ne
jamais le laisser déduire.* Le moteur dit dans quel fuseau il résout les heures murales ;
c'est au client de rapprocher cela de l'heure de son utilisateur, et de l'avertir.
### Les étapes, à comportement constant d'abord
1. **Documenter le contrat** (aucun changement de code). `dailyDeadline` est une heure murale
du fuseau de la box, tel que publié par `System.GetTime.timeZone`. Écrit dans
`INTERFACE.md`, à côté du champ.
2. **Publier le fuseau avec la configuration**, en lecture seule, plutôt que d'exiger du
client qu'il croise deux espaces de noms pour interpréter un de NOS champs. Un client qui
doit appeler `System.GetTime` pour donner un sens à `dailyDeadline` finira par ne pas le
faire.
3. **Dire le changement.** Le fuseau peut bouger sous le moteur sans redémarrage (§3). Une
échéance résolue à 12:00 hier peut valoir 13:00 aujourd'hui sans qu'aucun champ n'ait
changé. À traiter comme tout élément runtime : un `Get*` ET un `*Changed`.
4. **Séparer les deux natures** — porté par **LM-1005-b**, précondition du lot tarifaire, et
non par ce lot-ci. Rien à faire ici : la condition est posée à l'entrée de l'autre.
5. **Côté app** (lot séparé, à elle) : comparer le fuseau de la box à celui de l'appareil au
moment de la SAISIE d'une échéance, et avertir. C'est l'écran de saisie qui doit parler,
pas l'écran de résultat — au moment du résultat, l'heure est déjà passée.
### Ce qui reste ouvert, et qu'on ne tranche pas ici
Le fuseau de `.75` lui-même. `Europe/London` sur un banc français est une erreur de
configuration, mais la corriger déplace d'une heure la lecture de tout l'historique
d'énergie déjà enregistré. C'est une décision d'exploitation, pas de conception.